L’hiver est de retour. Après avoir protégé les bananiers, il est temps de penser aux protections à utiliser pour nos palmiers. La méthode la plus adéquate dépend de plusieurs facteurs. En première place bien évidemment la rudesse de l’hiver.
Hiver
Plus il fait froid et plus il faudra prendre des mesures. Malheureusement il n’est jamais possible de prévoir ceci à l’avance. Il est donc nécessaire de bien surveiller la météo durant tout l’hiver. D’ailleurs, la rudesse de l’hiver peut varier énormèment d’année en année. L’hiver 2007 restera dans notre mémoire comme un hiver extrêmement doux. L’hiver 2008 en revanche lui connaissait des températures jusqu’a -18°C! La protection hivernale est à appliquer juste avant le gel persistant. Il est par contre impossible de vous procurer la date exacte. Il faudra donc observer, estimer et éventuellement adapter si nécessaire. Quand la température grimpe à nouveau, il est conseillé d’enlever (partiellement) la protection pour une circulation d’air optimal.
L’espèce et son emplacement
Ensuite l’espèce de palmier et son emplacement jouent un rôle important. Certains palmiers ont la réputation d’être très résistant au gel même sans protection. Souvent il s’agit des espèces provenant des habitats à de hautes altitudes. En revanche, d’autres espèces nécessitent bel et bien une protection hivernale. L’âge du palmier doit être tenu en compte aussi. Les jeunes palmiers doivent être mieux protégés que les exemplaires adultes. La résistance indiquée est dans tous les cas juste une indication! L’emplacement joue également un rôle important. L’humidité et le vent sont des facteurs à éviter. Un emplacement à l’abri du vent et ensoleillé peut être quelques degrés plus chaud qu’ailleurs! Trop d’humidité peut en revanche diminuer la résistance au froid. Choisissez donc l’emplacement avec soin. Un vent glacial augmente l’evaporation et comme le palmier n’a pas accès à l’eau à cause du sol gelé, le palmier mourrira de sècheresse. Pensez également au bon drainage du sol car l’eau stagnante atteind les racines et peut les geler. En pot, le palmier est évidemment encore plus sensible au froid. Un pot foncé possède un léger avantage de chauffer plus vite au soleil. En cas de gel persistant ou extrêmement rude, il peut être conseillé de rentrer le palmier en pot.
Méthodes de protection
Après les faits, comme la rudesse de l’hiver, l’espèce concernée et son emplacement, le choix de protection est entièrement libre. Votre expérience, jugement, budget et place disponible peuvent jouer en votre faveur.
Sans protection
Cette méthode ne nécessite pas vraiment une explication. Pour certaines espèces, une protection hivernal est en effet inutile si l’hiver ne s’annonce pas trop rude. L’avantage est que la circulation d’air reste optimale, ce qui n’est pas un luxe durant ces mois hivernaux humides. Autre avantage, c’est que vous pouvez profiter pleinement de votre palmier sans que des protections vous gâchent la vue. L’inconvenient de cette méthode est évidemment le risque qu’il fasse plus froid et que le palmier ne supporte pas ce froid et engendre sa mort.
Quelques espèces adéquates:
Trachycarpus fortunei (-18°C), Trachycarpus wagnerianus (-18°C)
Mulcher
En posant une couche de matière organique au pied du palmier, vous isolez ses racines du froid. Utilisez des matières légères comme des feuilles mortes, de la paille, des branches de conifères, des écorces de bois ou autres. En plus, cette couche organique sera transformée en compost ce qui favorisera la structure du sol. Seulement quand il fait humide trop long temps il faudra veuiller à ce que la couche ne pourrisse pas. Enlevez éventuellement la matière organique afin qu’elle sèche.
Adéquat pour toutes les espèces.
Protéger le feuillage et emballer le palmier
La lance est la partie le plus fragile du palmier. C’est ici que se fome la nouvelle feuille. Quand la lance est pourrie, il est en conséquent très difficile de sauver le palmier. Une attention supplémentaire pour cet endroit est donc conseillé. Surtout l’humidité est votre pire ennemi. En plaçant une bouteille vide à l’envers ou un entonoire au dessus de la lance, vous éliminez facilement ce problème. Ensuite les feuilles peuvent être rassemblées et attachées vers le haut. La couronne est ainsi moins sensible au froid, evapore moins d’eau et forme une couche d’isolation pour la lance.
Après avoir rassemblé et attaché les feuilles, vous pouvez emballer le stipe et les pétioles avec un voile de forcage, de la jute ou des canisses en roseau chinois. Pour plus d’isolation, il est possible de rembourrer

cette couche avec de la paille ou des feuilles. Eventuellement vous entourez le tout avec une guirlande lumineuse (du style Noël) pour garder une température nettement plus élevée. Evitez le contact direct de la guirlande sur les feuilles afin qu’elles ne brûlent pas. Le plastique est à éviter comme matière de protection car il ne respire pas. Dans ce cas la condensation causera des parties gelées et de la pourriture. Le tout peut être couvert d’un toit isolant.Ainsi votre protection restera bien au sec tout l’hiver. Créez également une ouverture pour bénéficier de la ventilation.
Il est tout de même conseillé d’enlever les protections quand la température est suffisamment haute pour que tout aére.
Certains amateurs construissent même de véritables maisonnettes autour de leurs palmiers. En faite les possibilités sont vastes si vous êtes créatif.
Quelques espèces adéquates:
Chamaerops humulis (-12°C), Trithrinax campestris (-12°C), Brahea armata (-10°C) , Butia eriospatha (-12°C), Jubeae chilensis (-15°C)
Les espèces suivantes sont connues comme très resistante mais dans notre climat humide elles supportent beaucoup moins!:
Nannorrhops ritchiana (-20°C), Rhapidophyllum hystrix (-20°C), Sabal minor (-20°C)
En cas d’hiver doux et si bien protegé éventuellement aussi:
Phoenix canariensis (-6°C), Washingtonia robusta (-4°C), Livistona chinensis (-6°C), Raphis humilis (-4°C)
Hivernage à l’intérieur
Cette méthode convient bien évidemment seulement pour les palmiers en pot. Dans ce cas, le palmier passe l’hiver dans une serre chauffée ou à l’intérieur de votre maison. De préférence la temperature est gardée au plus bas que possible afin de stimuler une période de repos. Mais respectez toujours les températures minimales connues pour votre espèce. Pour certaines espèces tropicales, la température peut être assez élevée mais pour la plus part des palmiers, une température ambiante normale conviendra. Comme le palmier est en période de repos, il faut moins l’arroser. Un sol trop humide peut causer une pourriture des racines. Si vous gardez votre palmier dans une pièce chauffée, surveillez bien l’humidité de l’air. L’air trop sec causé souvent par le chauffage central rend votre palmier nettement plus sensible auxl acariens et aux cocinelles. Humidifiez donc régulièrement le feuillage. Vous pouvez également placer des réservoirs d’eau sur le radiateur. Ensuite il y a le manque de lumière à l’interieur, Seuls les endroits au pied d’une fenêtre sont assez éclairés. Mais surveillez tout même que le soleil direct ne brûle pas les feuilles.
Quelques espèces adéquates:
Phoenix roebelenii (-1°C), Bismarckia nobilis (10°C) et toutes les jeunes pousses
Pour terminer
Les méthodes ci-dessus servent à vous donner une idée de la protection des palmiers. Tenez en compte qu’aucune de ces méthodes vous donneront une garanti de réussir. Comme déjà mentionné il y a plusieurs facteurs à tenir compte. Les espèces indiquées ne sont qu’indicatives. En cas d’hiver rude, même les espèces les plus résistantes doivent être bien protégées. Si vous avez des doutes, n’hesitez pas à vous renseigner auprès des autres amateurs ou contactez nous. Merci.
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Réaction de peysale — 7 april 2012 18:53
bonjour, je possede 2 palmier humilis que je n’est pas vraiment protégé, les feuilles son toutes fanées, je voudrais savoir s’il repartira du pied.merci
Réaction de lapalmeraie — 9 april 2012 18:41
Bonjour
Le séchement des feuilles est typique pour les palmiers qu’ont trop soufferts du froid.
Reprendre du pied, cela dépends de ce que vous entendez par la?
Les Chamaerops forment des jeunes pousses tout au tour du stipe principal.
Si le stipe est réellement mort il ne reprendra plus, par contre il a forte chance que des jeunes pousses ont survécues.
Le meilleur test pour verifier que le stipe n’est pas mort, c’est de tirer légèrement sur la lance (= la nouvelle feuille au milieu).
Si la feuille s’enlève faciliment et qu’au bout ca sent le pourri, le palmier est perdu. Ne coupez pas encore ce stipe. Il y a encore 1% de chance que la croissance reprends après quelques mois. Gardez le petit trou bien sec en attendant.
Si la lance ne s’enlève pas il n’y a aucun problèm.
Les feuilles séchées ne deviendront plus vertes par contre.
Bien à vous
La Palmeraie
Réaction de Alex — 16 april 2012 21:51
Où peut-on voir des palmiers en pleine terre à Bruxelles? Et quelles espèces?
Il me semble me souvenir que des phoenix (? feuilles pennées) ont été plantés sur différents rond-point, notamment à Uccle, mais je n’en vois plus… est-ce le réchauffement climatique n’a pas été à la hauteur ces derniers hivers?
Réaction de lapalmeraie — 17 april 2012 14:14
Bonjour
ça ne me dit rien, mais je ne suis pas de cette région.
S’il s’agissait des Phoenix je ne pense pas qu’ils étaient plantés en pleine terre car sans protection hivernale et câbles chauffants les Phoenix n’ont aucune chance avec nos hivers.
Par contre je sais qu’il y avait toutes sortes de plantes exotiques dans le centre de Bruxelles il y déjà deux ans mais toutes en pot (Archontophoenix, Trachycarpus, Oliviers,..). Je suppose un arrangement par contrat de location?
Bien à vous
La Palmeraie
Réaction de aurel — 18 april 2012 08:20
bonjour,
En fait, au secourssss!!!
j’ai acheté il y a un an un palmier Chanvre en pot. il a bien entendu gelé à cause du froid hivernal.
Aujourd’hui le tronc me parait mort même si (le stipe) dont vous parlez ne s’enlève pas….toutefois je vois que des feuillse vertes autour sont en train de pousser…qu’en pensez-vous? dois-je couper le tronc qui semble mort? dois -je le rempoter?
Merci
aurelia
Réaction de Alex — 18 april 2012 12:21
Bonjour,
Merci pour votre réponse. Je découvre un peu l’univers des palmiers “rustiques” et je vois beaucoup d’informations parfois contradictoires sur la résistance au froid de certains palmiers. Je me pose la question de la possibilité de planter à Bruxelles des phoenix et des washingtonia… (jardin exposé au sud/est, en pleine terre, sans protection particulière prévue en hiver). Impossible? Vivement déconseillé? Cet hiver qui a été très rude, il y a eu -10c à Uccle peut être encore un peu plus froid selon des observations officielles. Cela me parait donc pas “si froid” en lisant la résistance de certains palmiers, même parmi ceux du “club med”.
Question subsidiaire: le Butia capitata peut tenir en pleine terre à Bruxelles?
Merci:-)
Réaction de lapalmeraie — 18 april 2012 13:28
Bonjour
Pour qu’on parle de la même chose;
Le tronc du palmier appelle t’on le “stipe” et la nouvelle feuille au coeur de palmier la “lance”.
Le stipe ne change jamais de apparance, même mort.
C’est sont les feuilles et la lance qui changent suite aux dégats hivernaux.
Tant que la lance ne s’enlève pas encore et que vous apercevez à nouveau des parties vertes tout ira bien.
Bien à vous
La Palmeraie
Réaction de lapalmeraie — 18 april 2012 13:54
Bonjour
C’est tout à fait vrai qu’on trouve beaucoup d’informations contradictoires sur le net.
C’est pour cette raison d’ailleurs que j’ai commencé mon propre site il y a quelques années.
La résistance au froid qu’on trouve dans la déscription des palmiers ne compte que pour les exemplaires adultes et en conditions optimales.
Le Nannorrhops ritchiana est un bon exemple. Il est connu pour résister jusqu’à -20°C! Mais uniquement quand il n’y pas d’humidité. Chez nous vous pouvez diviser sa résistance par deux!
En pleine terre, sans protection particulière le Phoenix canariensis (le plus résistant des Phoenix) et le Washingtonia n’ont aucune chance.
Pareil pour les Butias. Ces derniers ont déçu pas mal d’amateurs ces dernieres années au niveau de leur résistance au gel.
En gros il ne vous reste que les Trachycarpus si vous ne comptez pas protéger votre palmier.
Il y a aussi le Rhapidophyllum hystrix qu’est très rustique mais beaucoup moins commun et qui pousse très lentement en plus.
Dans la famille des Trachycarpus il exciste un nombre d’espèces différentes, chaqu’une avec ces propres caractéristiques.
Si vous est quand prêt à protéger vos palmiers il y a beaucoup plus de choix au niveau d’espèces appropriées.
Le Brahea armata par exemple, n’a pas déçu les amateurs ce dernier hiver.
Bien à vous
La Palmeraie